Lyon peint ses murs depuis les années 1980, au point d'en avoir fait une signature : une centaine de fresques géantes, des pentes de la Croix-Rousse tapissées de pochoirs et de collages, et même des ateliers pour s'y essayer soi-même. Le plus souvent, il suffit de lever le nez, et c'est gratuit. Voici notre guide du street art à Lyon, des grandes fresques aux balades et aux ateliers, vérifié adresse par adresse.
1. Le Mur des Canuts, le géant de la Croix-Rousse
C'est le plus grand mur peint de Lyon, et sans doute le plus bluffant : 1 200 m² de trompe-l'œil sur un pignon de la Croix-Rousse, où une rue entière semble se prolonger avec ses passants, ses escaliers et ses boutiques. L'illusion est si parfaite qu'on s'amuse à se glisser dans le décor pour la photo. Signé du collectif lyonnais CitéCréation, il est réactualisé au fil des ans : les personnages y vieillissent, un enfant d'une version devient adulte dans la suivante. Le point de départ idéal d'une balade street art.

2. La Fresque des Lyonnais, deux mille ans d'histoire sur un pignon
Au bord de la Saône, ce mur de 800 m² réunit une trentaine de figures qui ont fait Lyon : l'empereur Claude, les frères Lumière, Guignol, Antoine de Saint-Exupéry et son Petit Prince, Paul Bocuse ou l'abbé Pierre. Le jeu, sur place, c'est de les reconnaître un à un, certains accoudés à un balcon, d'autres lisant à une fenêtre. Une leçon d'histoire lyonnaise à ciel ouvert, elle aussi signée CitéCréation.

3. La Bibliothèque de la Cité, un mur qui se lit
À quelques minutes, sur le quai de la Pêcherie, un immeuble entier se transforme en immense bibliothèque : des rayonnages peints en trompe-l'œil dont on déchiffre les tranches, où se glissent les grands noms lyonnais des lettres. Un mur qu'on lit plus qu'on ne le regarde, parfait à enchaîner avec la Fresque des Lyonnais toute proche.

4. Lever le nez sur les pentes de la Croix-Rousse
Si les grandes fresques sont l'affiche officielle, le vrai terrain de jeu du street art lyonnais, ce sont les pentes de la Croix-Rousse. Pochoirs, collages, mosaïques et affiches recouvrent murs, portes et boîtiers électriques : un David Bowie au pochoir rue Neyret, sauvé par une pétition de plusieurs milliers de signatures, des escaliers repeints passage Mermet, des collages engagés qu'on retrouve de rue en rue. Rien à payer, rien à réserver : on descend au hasard des ruelles, l'œil en l'air, et le décor change à chaque saison.

5. Les murs d'expression, qui changent tout le temps
Le street art est un art éphémère, et Lyon lui réserve des murs faits pour ça. Sur le plateau de la Croix-Rousse, place des Tapis, le Mur69 est repeint régulièrement par des artistes invités ; à Gerland, rive gauche, un mur libre joue le même rôle. On n'y voit jamais deux fois la même chose, et on tombe parfois sur un artiste en pleine bombe. À garder en tête pour qui veut du frais.

6. Le Musée urbain Tony Garnier, un musée à ciel ouvert
Direction le 8e, loin des circuits touristiques : dans le quartier des États-Unis, vingt-cinq murs peints monumentaux couvrent les façades d'un ensemble de logements sociaux dessiné par l'architecte Tony Garnier. On déambule librement entre cours plantées et fresques qui racontent la cité idéale rêvée par l'architecte et les grands ouvrages de Lyon. Un ensemble unique et gratuit que beaucoup de Lyonnais eux-mêmes ne connaissent pas.

7. Passer la porte d'une galerie de street art
Quand il pleut, ou simplement pour rencontrer les artistes, Lyon a ses lieux dédiés. Spacejunk, en Presqu'île, fait partie d'un réseau de centres d'art urbain, avec expositions et tirages à prix doux ; Superposition, sur les pentes, tient une galerie associative et accueille des artistes en résidence ; la galerie Em'Arts, du côté de Perrache, défend une vingtaine d'artistes surtout locaux. L'entrée est généralement libre, et c'est l'occasion de repartir avec une œuvre plutôt qu'une simple photo.

8. Se faire raconter les murs, avec un guide
Pour comprendre ce qu'on regarde, l'office de tourisme propose une visite guidée « Street art sur les pentes de la Croix-Rousse » : on décrypte fresques, pochoirs et collages avec un guide qui connaît les artistes et les techniques. Les avis saluent d'abord la culture des guides ; à noter, la descente comporte beaucoup d'escaliers et n'est pas adaptée aux personnes à mobilité réduite. Comptez autour de 13 € par personne, sur réservation.
9. Passer à la pratique, une bombe à la main
Pour ne pas rester spectateur, rien de tel qu'un atelier d'initiation. Chez Repère(s), dans le 1er, on retrace d'abord l'histoire du graffiti, puis on invente son « blaze », sa signature d'artiste, avant de le coucher au posca sur une vraie bombe de peinture. Une heure trente, ouvert aux petits comme aux grands, à partir d'une douzaine d'euros. De quoi repartir avec son objet et un autre œil sur les murs de la ville.

À Lyon, le street art se vit dehors et le plus souvent gratuitement, à condition de lever le nez. Un dernier réflexe avant de partir : les pentes de la Croix-Rousse changent en permanence, donc ce que vous verrez ne sera déjà plus tout à fait ce qu'un autre a photographié la veille. Et pour les visites et les ateliers, pensez à réserver, les places partent vite.
Sources et infos pratiques : Office de tourisme de Lyon et Ville de Lyon.
