Chercher que faire à Lyon, c'est tomber sur les mêmes dix cartes postales. Elles méritent leur réputation, et vous les trouverez plus bas. Mais une ville ne se résume pas à ce qu'on y voit une fois : elle se mange, elle se traverse quartier par quartier, elle se pratique en club ou en cours, et elle se vit depuis les gradins un soir de match. Voici les deux à la fois, les incontournables qu'on ne regrette jamais et ce qu'on peut y faire vraiment, avec les bons créneaux, les entrées gratuites que peu de gens connaissent et les rendez-vous à ne pas rater.

Les incontournables, à voir au moins une fois

La colline de Fourvière est le point de départ le plus logique, parce qu'on y comprend la ville d'un seul regard. La basilique se visite librement, tous les jours, et la vue depuis l'esplanade porte jusqu'aux Alpes quand le ciel est dégagé. Le bon réflexe pour la montée : un seul ticket de transport suffit pour le métro et le funiculaire, qui vous dépose là-haut en deux ou trois minutes depuis la station Vieux Lyon. Montez tôt le matin ou en fin d'après-midi, la lumière est meilleure et l'esplanade beaucoup plus calme.

Les théâtres romains, juste à côté, sont l'une des plus belles surprises gratuites de la ville : deux édifices antiques à flanc de colline, où l'on s'assoit dans les gradins sans payer un centime. Beaucoup de visiteurs passent devant sans savoir qu'ils sont en accès libre presque toute la journée. En juin et juillet, ce sont eux qui accueillent les concerts des Nuits de Fourvière.

Les gradins du théâtre gallo-romain de Fourvière, où l'on peut s'asseoir librement · Photo Zairon, CC BY-SA 4.0
Les gradins du théâtre gallo-romain de Fourvière, où l'on peut s'asseoir librement · Photo Zairon, CC BY-SA 4.0

Le Vieux Lyon et ses traboules se parcourent ensuite, en redescendant. Ces passages qui traversent les immeubles sont la signature de la ville : sur environ deux cent trente recensées, une petite partie seulement s'ouvre au public, les autres desservant des habitations. La plus spectaculaire traverse quatre immeubles et quatre cours depuis la rue Saint-Jean. Deux règles à respecter, elles conditionnent le fait que ça reste ouvert : on parle bas, et on referme derrière soi.

L'intérieur d'une traboule du Vieux Lyon, son passage voûté et ses boîtes aux lettres · Photo diffusée par Visite Lyon
L'intérieur d'une traboule du Vieux Lyon, son passage voûté et ses boîtes aux lettres · Photo diffusée par Visite Lyon

Le musée des Confluences ferme la Presqu'île au sud, dans son architecture de verre et d'acier en forme de nuage, à la pointe où le Rhône rejoint la Saône. Des météorites aux mammouths, on y passe facilement une demi-journée, et l'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans. Au nord, la place des Terreaux et le musée des Beaux-Arts tiennent l'autre bout du quartier.

Le parc de la Tête d'Or, enfin, reste l'évidence la plus généreuse : un lac, une roseraie internationale, des serres botaniques et un parc zoologique de plus de trois cents animaux, le tout entièrement gratuit. Il ouvre dès six heures et demie du matin, l'heure idéale pour l'avoir presque pour soi. Nous le détaillons, avec neuf autres adresses sans dépenser un euro, dans nos activités gratuites à Lyon.

Se régaler, le vrai sujet lyonnais

Impossible de parler de Lyon sans parler de sa table, et c'est sans doute là que les visiteurs ont le plus besoin d'un repère fiable.

Le bouchon est l'institution locale : une petite salle, des nappes à carreaux, une cuisine de tradition à base de charcuteries, de tabliers de sapeur et de quenelles de brochet. Le repère à connaître, parce qu'il évite bien des déceptions : il existe un label officiel « Les Bouchons Lyonnais », décerné par la chambre de commerce et l'office de tourisme, qui ne distingue qu'une vingtaine d'établissements sur toute la ville. Cherchez la plaque à l'entrée, elle vaut tous les avis en ligne. Comptez autour de 25 € pour un menu complet le soir.

La devanture et la terrasse d'un bouchon lyonnais, rue Mercière · Photo Lyon-plaisirs, CC BY 4.0
La devanture et la terrasse d'un bouchon lyonnais, rue Mercière · Photo Lyon-plaisirs, CC BY 4.0

Les Halles de Lyon Paul Bocuse jouent dans un autre registre, celui du temple gourmand : une cinquantaine de commerçants sous une halle couverte, où l'on déguste huîtres, fromages et pâtisseries sur le pouce. L'entrée est libre, et le brunch du dimanche midi est une institution en soi.

Les marchés valent le déplacement autant que les halles, et coûtent moins cher. Celui de la Croix-Rousse, sur le boulevard, est le plus vivant de la ville. Une précision qui change tout si vous faites la route : il se tient du mardi au dimanche, mais avec une vingtaine de commerçants seulement le mercredi et le jeudi, contre plus de quatre-vingt-dix les autres jours. Visez donc le mardi, le vendredi, le samedi ou le dimanche, et venez le matin. Le marché Saint-Antoine, sur les quais de Saône, offre la même chose avec la vue en prime.

Lyon quartier par quartier

Passé les incontournables, c'est en changeant de quartier qu'on change vraiment de ville.

La Croix-Rousse est l'ancien quartier des canuts, les ouvriers de la soie, perché sur sa colline. On y monte pour le marché, on y reste pour l'ambiance de village, les pentes et leurs escaliers, et le Mur des Canuts, la plus grande fresque murale d'Europe.

Une rue en pente de la Croix-Rousse, descendant vers la ville · Photo diffusée par Le Bonbon
Une rue en pente de la Croix-Rousse, descendant vers la ville · Photo diffusée par Le Bonbon

Confluence, à l'opposé, est le Lyon contemporain : anciens docks reconvertis, cubes de couleur, musée et bords de Saône aménagés. C'est le quartier qui a le plus changé en vingt ans.

Les Brotteaux et la Part-Dieu forment le Lyon de la rive gauche, entre la gare, les brasseries anciennes et le parc de la Tête d'Or à deux pas.

La Guillotière et Gerland, plus au sud, offrent le Lyon métissé et étudiant, avec ses restaurants du monde entier et ses berges du Rhône, prises d'assaut dès les premiers beaux jours.

Voir du sport depuis les gradins

C'est un pan de la ville qu'aucun guide touristique ne mentionne, alors que c'est l'une des sorties préférées des Lyonnais.

L'Olympique lyonnais joue au Groupama Stadium de Décines, une enceinte de près de soixante mille places ouverte en 2016, desservie par le tram. Un conseil concret si vous y allez en voiture : le stationnement se réserve à l'avance, il n'y a pas de vente sur place.

Les gradins du Groupama Stadium de Décines et sa pelouse, vus depuis les sièges · Photo diffusée par OL Vallée
Les gradins du Groupama Stadium de Décines et sa pelouse, vus depuis les sièges · Photo diffusée par OL Vallée

Le LDLC ASVEL, à Villeurbanne, est l'un des clubs de basket les plus titrés du pays, et l'ambiance d'une salle de basket pleine vaut largement le détour pour qui n'y a jamais mis les pieds. Le LOU complète le tableau côté rugby.

Bon à savoir pour finir la soirée : le pôle de loisirs qui entoure le Groupama Stadium réunit restaurants, mini-golf et le plus grand bowling de la région, que nous détaillons dans nos adresses de bowling à Lyon.

Voir la ville autrement

Depuis l'eau, d'abord. Une promenade en bateau d'une heure sur la Saône donne un point de vue imprenable sur le Vieux Lyon et Confluence, pour une quinzaine d'euros, moins de dix pour les enfants. Les départs se font des quais du Rhône et de Saône, et mieux vaut arriver une vingtaine de minutes en avance.

À vélo, ensuite. Les berges du Rhône et les rives de Saône offrent des kilomètres de voies aménagées en site propre, et les vélos en libre-service se prennent à peu près partout. C'est le moyen le plus agréable de relier la Tête d'Or à Confluence sans jamais croiser une voiture.

Le nez en l'air, enfin : Lyon est l'une des capitales européennes de la fresque murale, avec des façades peintes en trompe-l'œil disséminées dans toute la ville. Nous en avons fait un parcours complet dans notre balade street art.

Combien de temps avez-vous devant vous ?

C'est la vraie question, et personne n'y répond jamais. Voici de quoi caler une sortie sur le temps réellement disponible.

Deux heures. Funiculaire jusqu'à Fourvière, basilique, théâtres romains, puis descente à pied par les jardins du Rosaire. Vous aurez vu le plus beau panorama de la ville et deux monuments majeurs, sans jamais courir.

Une demi-journée. Ajoutez le Vieux Lyon en bas de la colline, ses traboules et ses cours Renaissance, puis une traversée de la Saône vers la Presqu'île.

Une journée entière. Complétez par un grand musée, celui des Confluences ou celui des Beaux-Arts, ou par le parc de la Tête d'Or si vous êtes en famille.

Un week-end. Gardez le second jour pour un quartier à part entière, la Croix-Rousse ou Confluence, avec un marché le matin et une promenade en bateau l'après-midi.

Pas seulement visiter Lyon : la pratiquer

Voilà ce qui change tout quand on habite ici, ou qu'on y revient souvent. Lyon compte des milliers de clubs et d'associations, et il existe deux moments simples pour y entrer.

Le premier week-end de septembre, chaque arrondissement organise son forum des associations : une centaine de structures par forum, sport, danse, culture et loisirs, réunies sur une place ou dans un gymnase, avec les responsables présents pour répondre. C'est le moyen le plus rapide de comparer dix disciplines en une matinée, et de repartir inscrit. Les dates exactes sont publiées chaque été par les mairies d'arrondissement.

La rentrée, ensuite, est la période où nombre de clubs ouvrent des séances d'essai, souvent gratuites et sans engagement, avant de figer leurs effectifs fin septembre. Si une discipline vous tente depuis des années, c'est la fenêtre à ne pas manquer : passé octobre, beaucoup de créneaux sont complets.

Le reste de l'année, tout ne se joue pas sur l'abonnement annuel : cours à l'unité, stages pendant les vacances scolaires et séances découvertes existent dans la plupart des activités, de l'escalade à la poterie en passant par la danse.

Selon la météo, le budget et l'envie

Le programme idéal dépend surtout de trois choses, et nous avons consacré un guide à chacune.

S'il pleut, la ville est particulièrement bien équipée, des grands musées aux hammams en passant par les patinoires et l'escalade de bloc : tout est réuni dans notre guide de que faire à Lyon quand il pleut.

Si le budget est serré, l'essentiel de ce qui fait le charme de Lyon ne coûte rien, et notre sélection d'activités gratuites rassemble dix adresses vérifiées.

Si vous voulez sortir des sentiers battus, il y a de quoi faire, du spa sur le thème de la bière au caisson de flottaison : c'est dans nos activités insolites à Lyon.

Les grands rendez-vous de l'année

Trois dates structurent le calendrier lyonnais, et valent d'organiser un séjour autour d'elles.

La Fête des Lumières, début décembre autour du 8, transforme quatre soirs durant les façades, les places et les collines en installations lumineuses. C'est le moment le plus spectaculaire de l'année à Lyon, et le plus fréquenté : hébergement et restaurants se réservent des semaines à l'avance.

Les Nuits de Fourvière, en juin et juillet, installent théâtre, musique, danse et cirque dans le théâtre antique. Assister à un concert dans des gradins romains de deux mille ans change franchement l'expérience.

Le Festival Lumière, en octobre, célèbre le cinéma dans la ville où il est né, avec des projections de classiques et des invités internationaux.


Lyon a cette qualité rare de se laisser visiter en deux heures comme explorer pendant des années. Un dernier réflexe avant de partir : vérifiez le jour d'ouverture, la plupart des musées ferment le lundi ou le mardi, et beaucoup sont gratuits le premier dimanche du mois. De quoi voir grand sans dépenser beaucoup.

Sources et infos pratiques : sites officiels des lieux cités, Ville de Lyon et Office de tourisme de Lyon.